BLIME BLOG

La dissertation de didactique. Peau d'Ane

Par stephanieblime - publié le vendredi 4 décembre 2009 à 15:47 dans Le CAPES DE LETTRES MODERNES

Le corpus proposé à l'étude est composé de deux documents. Le premier est une œuvre intégrale : Peau d'âne, de Charles Perrault. Le deuxième est un document iconographique. Il s'agit d'une Illustration pour Peau d'âne, réalisée par Gustave Doré.

Ces documents servent de supports pour une étude du conte merveilleux en classe de cinquième. Ils permettent de lire un texte court du XVIIème siècle.

Dès le Moyen Age, conter a pour sens « narrer, relater ». A la fin du XVIIème siècle, on trouve déjà l'idée de divertissement associée à « conter ».Le sens moderne de « récit inventé » apparaît nettement au XVIIème siècle, en même temps que l'expression « contes de fées ».

Le sens de « dire une histoire imaginaire dans le but de divertir » est plutôt assumé par le verbe composé « raconter » aujourd'hui.

Quels sont les thèmes abordés par le conte ? Que veulent-ils mettre en valeur ?

Dans une première partie, nous fixerons le cadre de la séquence. Dans une deuxième partie, nous proposerons un projet de séquence.

 

Le corpus proposé entre dans la perspective de l'étude du conte merveilleux en classe de cinquième.

A l'origine, conter, c'est « rapporter une histoire oralement, à un public ». Très souvent, les conteurs sont les mères, les grands-mères ou les gouvernantes. Ces récits circulent dans le cercle domestique, ou lors des veillées, entre voisins, en famille.

La tradition représente toujours des enfants écoutant une grand-mère. On parle de « contes de vieilles », « de bonnes femmes ». De ce fait, les contes sont considérés comme un genre mineur, voire nuisible. Ce sont des « sornettes » qui échauffent l'imagination et détournent de la réalité.

Mais les contes ne sont pas seulement écoutés par des enfants. Au XVIIème siècle, les contes de fées sont à la mode. Les contes sont écoutés par de grandes personnes. La dédicace de Perrault en témoigne.

Le merveilleux est un ingrédient du conte. C'est un élément qui dépasse l'entendement humain, quelque chose qui est incroyable et irréalisable dans la vraie vie : objets magiques (la baguette de la fée), personnage magique (la fée). Il permet de véhiculer des émotions.

Le conte est une histoire moins naïve qu'elle ne le paraît et qui laisse espérer un triomphe sur les difficultés.

La perspective dominante de la séquence est la lecture. Les objectifs sont de savoir lire et dire un conte, en comprendre le sens et en déceler toute la subtilité, connaître le système des personnages et connaître les sources du comique.

Nous pouvons envisager l'étude de ce conte dès le début de l'année. Cela permet de faire le lien entre la classe de 6ème  (où le conte a été abordé) et la classe de 5ème. Les élèves sont d'emblée mis en situation de réussite car le conte appartient à leur univers et beaucoup pensent qu'il est d'une lecture aisée.

La séquence suivante pourrait être consacrée à une œuvre plus longue appartenant au genre narratif. Les programmes insistent bien sur le fait, qu'à la fin du cycle central, l'élève doit maîtriser le récit, en comprendre le sens et le fonctionnement.

Cette séquence est constituée de 6 séances. La première prend pour support la préface dédicatoire et les moralités. Il s'agit de confronter le début et la fin du conte. La deuxième séance est consacrée à la lecture intégrale du conte. Les objectifs sont de repérer les principales étapes du schéma narratif et d'établir le schéma actantiel. La problématique de la troisième séance est  : Quelle place Perrault donne-t-il à la famille dans son conte Peau d'Ane ? La quatrième séance se propose d'étudier les sources du comique dans le conte Peau d'Ane. La cinquième séance part du document iconographique. L'objectif est de montrer quelle lecture du conte de Perrault nous révèle l'illustration de Doré. La dernière séance prend la forme d'une évaluation. Elle est consacrée à la lecture intégrale du conte.

Le cadre de la séquence étant fixé, précisons les modalités de son exploitation didactique sous la forme d'un projet de séquence.

 

La première séance est consacrée à l'étude de la préface dédicatoire et aux moralités. Il s'agit de confronter le début et la fin du conte.

Peau d'âne est dédicacé « à Madame la Marquise de L*** ». Perrault veut conquérir un nouveau public : les femmes. Celles-ci sont influentes car elles imposent leurs vues dans une société de salon. Ainsi, Perrault s'assure des complicités au sein d'un Paris féminin.

Perrault s'adresse à une personne, une lectrice, qui devient le symbole d'un public contemporain coupé des personnes qui affectent « le grave et le sérieux ».

Cette dédicace est, pour Perrault, l'occasion d'avancer ses arguments en faveur du conte. C'est un genre digne d'intérêt : « …l'esprit le plus parfait // Peut aimer sans rougir jusqu'aux Marionnettes ». C'est une histoire fictive ( « agréables sornettes ») qui transporte le lecteur dans un autre monde (« contes d'Ogre et de Fée ») dans le but de lui plaire : « s'émerveiller », « ingénieusement bercée // Prenne plaisir ».

Perrault affirme sa singularité : il se distingue « des gens » qui ont « l'esprit guindé ». Il entreprend de conter pour son plaisir (« mon loisir ») et pour celui de sa lectrice (« pour contenter votre juste désir »). Le conte est donc un divertissement. Il s'agit de faire l'expérience d'un autre monde et de  faire partager, au lecteur,  une expérience merveilleuse.

Perrault fait donc l'éloge du conte. Il est destiné à plaire au lecteur.

Perrault entend orienter la lecture de son conte, dès la préface.

De même, la voix de Perrault se fait clairement entendre à la fin du conte grâce aux moralités. Elles ont une valeur argumentative et oblige la lecture et même la relecture du récit dans ce sens. Etudier les moralités avant le conte intégral lui-même permet de sensibiliser les élèves au fait que le récit est destiné à illustrer une morale.

Le conte sert à l'éducation, notamment à celle des enfants qui sont explicitement cités :  « le but de ce Conte est qu'un Enfant apprenne… », « mais tant que dans le Monde on aura des enfants ». Les enfants sont l'avenir de l'humanité. Il faut leur inculquer de bonnes valeurs car ils construisent le monde de demain. Comme l'a dit Perrault dans sa Préface, il faut « mettre dans l'esprit des enfants des semences dont il ne manquera pas d'éclore de bonnes inclinations ». Le lecteur doit apprendre les contraintes et les lois.

Le conte met en avant les valeurs morales classiques : par exemple, il faut être courageux et patient (« il vaut mieux s'exposer à la plus rude peine… la Vertu est toujours couronnée »).

Si la Vertu est toujours récompensée, la passion ne recule devant aucun sacrifice : « Que contre un fol amour et ses fougueux transports… Dont un Amant ne soit prodigue ».

La moralité permet à Perrault de donner son point de vue sur les femmes : elles sont toujours persuadées d'être d'une beauté explicite : « Que de l'eau claire et du pain bis… Elle aurait eu la pomme d'or ». Enfin, il insiste sur le caractère oral du conte : les « Mères » et les « Mères-grands » ont pour fonction de transmettre ces histoires fictives (« le conte de Peau d'Ane est difficile à croire ») aux « Enfants ». Le conte appartient donc au folklore populaire.

En définitive, cette séance permet d'orienter la lecture des élèves : un conte ne se lit pas seulement pour le plaisir. Il cache des vérités fines. C'est également l'occasion de montrer que la Préface et les moralités ont une valeur argumentative (cette forme de discours, repérée en 6ème, doit être approfondie au cours du cycle central pour être totalement maîtrisée en classe de 3ème).

La deuxième séance est consacrée à la lecture intégrale du conte. Elle dure deux heures. La dominante est la lecture. Les objectifs sont de repérer les principales étapes du schéma narratif et d'établir le schéma actantiel que nous tenons de Greimas.

La situation initiale s'étend des vers 22 à 61 : le lecteur fait connaissance avec la famille royale qui vit dans le bonheur et il est d'emblée projeté dans l'univers du conte grâce à la formule rituelle : « Il était une fois ».

L'élément perturbateur est introduit par « Or » (vers 62) : le bonheur est perturbé par la maladie de la Reine (« …une âpre maladie ») et par sa mort (« La Reine entre ses bras mourut »). Le bonheur est remis en question.

Le conte comporte plusieurs péripéties : le père est amoureux de sa fille et veut se marier avec elle. Celle-ci est désemparée et demande de l'aide à sa Marraine.  Son père doit lui offrir des robes impossibles à réaliser. Le Roi répond à tous ses désirs. Il ne reste qu'une solution à la Princesse : la fuite. Elle devient une souillon. Dans son malheur, un Prince surprend sa beauté et tombe amoureux d'elle. Il dépérit à vue d'œil car il est malade d'amour. Il demande à ce que Peau d'Ane lui fasse un gâteau de sa main. Celle-ci s'exécute mais elle laisse tomber un anneau dans la pâte. Le Prince le retrouve et manifeste le désir d'épouser celle à qui appartient cette bague.

Les péripéties sont nombreuses : les événements s'enchaînent. L'intérêt du lecteur est maintenu.

L'élément de résolution est le suivant : beaucoup de prétendantes essaient l'anneau mais il n'y a qu'une seule élue : Peau d'Ane.

La situation finale voit le mariage du Prince et de la Princesse. Elle correspond à un retour à une situation d'équilibre.

Les étapes sont donc progressives et s'enchaînent selon un ordre chronologique. Le lecteur peut suivre l'évolution du personnage principal.

Le protagoniste est Peau d'Ane : c'est elle qui donne son nom au conte, elle subit différentes épreuves et voit sa vertu récompensée à la fin de l'histoire. C'est elle le sujet de l'histoire.

L'objet est : Peau d'Ane doit échapper au désir incestueux de son père et retrouver le bonheur.

Pour l'aider à y parvenir, nous pouvons citer les personnages de La Marraine, du Prince et de la Reine, mère du Prince. Ce sont les adjuvants.

S'opposent à son projet le Roi, son père, la Cour, la Fermière, les Valets.

Le destinateur et le destinataire sont Peau d'Ane.

En conclusion, cette séance est l'occasion de faire lire, une première fois, le conte, dans son intégralité et d'en comprendre la structure interne. Il est important de repérer les forces agissantes et de comprendre les liens qui unissent les personnages entre eux.

La troisième séance est à dominante lecture. Elle dure une heure. La problématique est la suivante : Quelle place Perrault donne-t-il à la famille dans son conte Peau d'Ane ?

La situation familiale est à l'ouverture et à la fermeture du conte. Peau d'Ane quitte le cocon familial détruit avec la mort de sa mère et gagne un nouvel espace puisqu'elle retrouve le bonheur en épousant le Prince qu'elle aime et car son père n'est plus atteint par sa folle passion.

Le modèle familial proposé dès le début du conte est celui d'une famille restreinte. Le Roi et la Reine n'ont qu'une fille unique : « De leur tendre et chaste Hyménée…une fille était née//Qu'ils se consolaient aisément // De n'avoir pas de plus ample lignée ». Ils vivent dans le bonheur, comme le soulignent les  noms communs « douceur »et « agrément », et aussi dans la richesse et l'opulence : « Dans son vaste et riche palais // Ce n'était que magnificence… »

La mère apparaît comme une figure importante car elle représente le pilier familial. Elle assure la stabilité de la famille. Le conteur utilise des adjectifs mélioratifs pour la caractériser : « Son aimable Moitié, sa Compagne fidèle ». Ses qualités sont renforcées par l'adverbe « si », répété à 4 reprises : « si charmante », « si belle », « si commode », « si doux ». Son portrait est donc valorisant. Le lecteur ne peut qu'éprouver de la sympathie pour un tel personnage.

Mais l'équilibre familial est remis en question avec la mort de la Reine. C'est comme si le « Ciel » voulait mettre à l'épreuve le Roi : « le Ciel …Permit ». Sa puissance et sa richesse ne peuvent rien contre la maladie : « Partout on cherche du secours ; Mais ni la Faculté …Ni les Charlantans… Ne purent arrêter l'incendie // Que la fièvre allumait… ». Le destin est irrévocable : « la Reine mourut ».Mais avant de rendre son dernier soupir, la Reine a donné ses dernières volontés au Roi : « Je veux ». Elle tente sans doute de préserver sa famille et la royauté d'une femme qui n'exercerait pas un pouvoir aussi juste que le sien. Pour cela, elle demande à son mari de trouver une femme parfaite aussi bien physiquement que moralement :  « une femme plus belle, // Mieux faite et plus sage que moi ». Elle sait les dangers d'une passion : « amour véhément », tout comme la Cour : « On jugea que son deuil ne lui durerait guère… On ne se trompa point ».

La disparition de la Reine va entraîner le malheur de sa propre fille. En effet, son propre père a jeté son dévolu sur elle : « l'Infante seule était plus belle… Le Roi…Alla follement s'aviser // Que par cette raison il devait l'épouser ». Il est résolu à l'épouser et il est prêt à tout lui accorder. Aucune demande de sa fille ne reste lettre morte :  « …on apporta la robe désirée », « Fit apporter l'ouvrage précieux… »

La Princesse éprouve alors de la tristesse : « triste », « Se lamentait et pleurait jour et nuit ». Ses sentiments sont justes et purs. Ainsi, Peau d'Ane passe de la pauvreté à l'abondance. Elle retrouve son statut social.

Son avenir paraît sombre « Qu ‘elle est tout à fait disposée // A subir avec lui la conjugale Loi ». Elle n'a plus qu'une échappatoire possible : la fuite.

La Princesse subit une dégradation dans son rang social . De Princesse, elle passe à l'état de « souillon ». Elle subit les brimades et les vexations de la part des valets : ils « Ne faisaient que la tirailler // La contredire et la railler ». Mais malgré tout, elle sait rester humble et accepte sa condition. En ce sens, elle se montre obéissante aux recommandations de sa Marraine et elle en est récompensée. La fin le prouve : elle épouse un beau Prince charmant et son père, le Roi, approuve cette union et vient la bénir. Ce personnage masculin a évolué : il est passé de la folie à la raison. L'équilibre familial est retrouvé. Le pouvoir du père complète et symbolise son pouvoir absolu.

Il est un autre élément d'importance qui vient combler l'absence de la mère :c'est l'intervention du merveilleux. Il vient tenter de rétablir une harmonie. La Fée – marraine se voit ramener à un rôle au sein des familles. Elle veille sur la Princesse et joue un rôle substitutif de bonne mère. La Fée donne des recommandations mais ses paroles n'ont pas un succès immédiat. Cela permet de tester la résistance de Peau d'Ane aux épreuves qu'elle subit et de maintenir le suspense. La fin du conte souligne la clairvoyance de la Fée car Peau d'Ane a un sort heureux.

La famille est montrée dans son désordre afin de pouvoir la refonder fort des leçons tirées des épreuves subies. Le récit est à destination d'une morale domestique. Le conte met en avant les qualités de Peau d'Ane. Le lecteur est invité à suivre le même exemple que le personnage éponyme du conte de Perrault. La situation contribue à mettre en valeur sa grandeur d'âme. Peau d'Ane  est le personnage principal du conte. Les personnages et, de fait, le lecteur, doivent aboutir à une reconnaissance des qualités de Peau d'Ane.

La quatrième séance est à dominante langue. Elle se propose d'étudier les sources du comique dans le conte Peau d'Ane. Elle dure une heure.

Le lecteur s'attend généralement, à la lecture d'un conte de fée, à être émerveillé. Perrault se veut conteur agréable et moraliste plaisant.  Pour ce faire, il utilise diverses formes de comique.

Notons d'abord le comique de ton. Il consiste en un décalage entre le sujet et le style. Ainsi, lorsque le Prince vient dans la Métairie où s'est réfugiée Peau d'Ane, une comparaison mythologique apparaît : « Tel ne fut point le beau Céphale…Elle gardait encor le cœur d'une Princesse ». Les oppositions sont subtiles. La rime entre « bataillons » et « haillons » crée un effet comique. En quelques vers, on passe de la beauté du Prince ou de Céphale à la crasse et aux haillons de Peau d'Ane.

Passons au comique de situation. Ce comique apparaît au travers d'un léger jeu scatologique dès le début du conte avec cet animal merveilleux qui rappelle celui des Métamorphoses d'Apulée : « Tel et si net le forma la Nature // Qu'il ne faisait jamais d'ordure, // Mais bien beaux écus au soleil… Tous les matins à son réveil. » Le comique naît aussi de l'irrévérence qui tend à présenter un palais et un royaume vivant grâce aux excréments d'un âne.

Comique de situation encore quand la fée, contre toute attente, ne cesse de se tromper sur ce qui doit arriver et voit ses plans sans cesse échouer : « Demandez-lui la peau de ce rare Animal… Vous ne l'obtiendrez pas, ou je raisonne mal ».

Le narrateur se plait d'ailleurs à insister sur son erreur : « Cette Fée était bien savante… Compte pour rien l'argent et l'or ».

Le comique de ton et le comique de situation permettent donc à Perrault d'amuser son lecteur.

La cinquième séance part du document iconographique. La dominante est la lecture de l'image. La séance dure une heure. L'objectif est de montrer quelle lecture du conte de Perrault nous révèle l'illustration de Doré.

Le titre de ce document est Peau d'Ane. C'est une gravure qui a été réalisée au XIXème siècle d'après un illustrateur célèbre, Gustave Doré. Il sert d'illustration au conte de Perrault.

L'image est constituée de trois plans. Au premier plan, nous pouvons apercevoir un personnage féminin. Elle porte une longue robe et elle est en mouvements puisqu'elle descend des escaliers. Sa posture et son regard prouvent qu'elle est en fuite. Elle semble éprouver un sentiment de peur.  Elle se détourne du château. Le personnage féminin semble petit par rapport au monde qui l'entoure. on souligne ainsi sa vulnérabilité et sa fragilité. Cette princesse est Peau d'Ane.

L'illustration diffère du conte . Tout d'abord, la Princesse n'est pas « travestie » comme dans le conte : « Pour vous rendre méconnaissable, // La dépouille de l'Ane est un masque admirable ». Ensuite, elle quitte la grotte de la Fée et non le château de son père : « De chez la sage fée à peine fut sortie… ». Doré donne donc une vision personnelle d'un passage du conte.

En deuxième plan, s'étale une végétation luxuriante : elle symbolise sans doute la richesse du Roi.

En troisième plan, se dresse un château. Les tours sont pointues, elles ressemblent à des pics. Il a un aspect menaçant, tout comme les nuages qui l'entourent. La scène est d'autant plus effrayante qu'elle se passe la nuit.

Peau d'Ane se trouve en bas de l'image. Elle est en position de faiblesse. Le château, et qui plus est, le propriétaire des lieux, le Roi, la dominera-t-il ? Un rapport de force s'établit donc entre ces deux parties opposées de l'image, le château et la princesse.

Cette gravure choisit d'éclairer un lieu symbolique du conte et un personnage emblématique, celui de la Princesse. Doré se pose donc en lecteur et interprète privilégié de Perrault.

 

 

 

La dernière séance prend la forme d'une évaluation. Elle est consacrée à la lecture intégrale du conte. La dominante est l'expression orale. Les élèves doivent lire le conte d'une manière expressive. En effet, il faut rappeler  que « conter », c'est « rapporter une histoire oralement, à un public ». Comme l'a dit Pierre Jakez Hélias, « ce que j'appelais le conte était inséparable de la voix, de la présence du conteur. Je ne m'imaginais pas que l'on pût l'embaumer en écriture, le privant ainsi des trois quarts de son prestige, le réduisant à une sorte de schéma sommaire auquel chaque lecteur devait rendre vie par ses propres moyens alors que le conteur était un artiste en pleine possession d'un métier exceptionnel ».

 Les élèves prennent la voix et les poses des personnages du conte, passent du narrateur aux différents personnages de l'histoire :

-          vers 20 à 21 : Charles Perrault

-          vers 22 à 75 : le narrateur

-          vers 76 à 92 : dialogue entre le Roi et la Reine

-          vers 93 à 142 : le narrateur

-          vers 143 à 160 : la marraine

-          vers 161 à 177 : le narrateur

-          vers 178 à 182 : la marraine

-          vers 183 à 184 : le narrateur

-          vers 185 à 186 :le Roi

-          vers 187 à 198 : le narrateur

-          vers 199 à 201 : la Princesse

-          vers 202 à 220 : la marraine

-          vers 221 à 229 : la Marraine

-          vers 230 à 249 : le narrateur

-          vers 250 à 267 : la Marraine

-          vers 268 à 351 : le narrateur

-          vers 352 à 359 : la Princesse

-          vers 360 à 401 : le narrateur

-          vers 402 à 407 : La Cour 

-          vers 408 à 419 : le narrateur

-          vers 420 à 424 : dialogue entre la Reine et la Cour

-          vers 425 à 476 : le narrateur

-          vers 477 à 480 :le Prince

-          vers 481 à 540 : le narrateur

-          vers 541 à 544 :la Cour

-          vers 545 à 605 : le narrateur

-          vers 606 à 608 : le Roi, père de Peau d'Ane

-          vers 609 à 618 : le narrateur

-          vers 619 à la fin : Perrault, le moraliste

 

Il est intéressant de remarquer que le narrateur et la Marraine interviennent beaucoup plus que les autres personnages. C'est grâce au narrateur que l'histoire est transmise. Quant à la Marraine, c'est elle qui a contribué à la gloire de Peau d'âne. C'est grâce à elle que le conte se termine bien.

 

En conclusion, ce conte merveilleux du XVIIème siècle est l'occasion de lire un récit bref et d'axer la compréhension d'une œuvre.  Les thèmes abordés sont divers : la famille, l'intervention du merveilleux, l'amour… Ils sont destinés à illustrer une leçon. Un conte n'est pas un récit « innocent », destiné seulement aux enfants. Il faut être un lecteur avisé pour le comprendre. Le conteur doit « plaire » pour « instruire » (placere et docere).

En guise de prolongement, nous pourrions proposer la lecture cursive d'un autre conte de Perrault : Cendrillon. Il comporte de nombreuses similitudes avec Peau d'Ane : la jeune fille perd sa mère, elle est maltraitée, elle perd un objet, ce qui lui permet d'être destinée à son prince charmant…


Page précédente | Page 3 sur 4 | Page suivante
Blog consacré à l'enseignement du français, au travail de la classe, aux projets, sorties, concours mais aussi pour permettre à chacun de s'exprimer sur un sujet ayant trait à la lecture ou à l'écriture.
«  Juillet 2026  »
LunMarMerJeuVenSamDim
 12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
2728293031 

Derniers commentaires

- Commentaire sans titre (par Visiteur non enregistré)
- Synonymes et antonymes (par stephanieblime)
- Commentaire sans titre (par Visiteur non enregistré)
- Tres bon test ! (par Visiteur non enregistré)
- Séquence 1 (par stephanieblime)

Canal RSS

Abonnement