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Claude Gueux dans la vraie vie

Par stephanieblime - publié le samedi 22 juin 2013 à 11:04 dans Mes séquences pédagogiques

Les collégiens de 4° partent sur les traces de Victor Hugo…

 

Dans le cadre du cours de français, les élèves de 4° ont étudié un célèbre plaidoyer contre la peine de mort : Claude Gueux de Victor Hugo.

Une visite pédagogique a été organisée ce jeudi 20 juin par la professeure, Mme Blime,  afin de faire découvrir  la réalité de la détention à Clairvaux au XIXe siècle mais aussi pour établir une comparaison entre le personnage historique et le personnage décrit par Hugo.

Pendant 1h30, les élèves ont pu observer la cour de promenade, l'atelier dans lequel Claude Gueux a travaillé, sa cellule, la chapelle et les cuisines.

·        La peine de privation de liberté

Elle est établie à partir du XVIII° siècle pour éviter les barbaries.

Avant le siècle des Lumières, les moyens de punir étaient terribles :

-       Peine de mort : les pauvres étaient tués à la hache et les nobles à l'épée

-       Châtiments corporels

-       Galères

-       Bagne

Napoléon a investi les prisons : il transforme des lieux religieux tels que l'abbaye de Clairvaux ou encore l'abbaye du Mont St Michel en prison.

·        L'abbaye de Claivaux

 

En 1115, les premiers moines arrivent.

 

En 1808, l'abbaye de Clairvaux devient une prison.

De 1808 à 1814 a lieu une transformation interne des bâtiments et des murs de sécurité sont érigés.

En 1814, les premiers détenus arrivent : hommes, femmes, enfants. Le plus jeune avait 7 ans.

Enfants et femmes ont quitté Clairvaux au XIX° siècle.

En 1971, de nouveaux bâtiments sont construits sur l'ancienne église.

·        Claude Gueux, dans la vraie vie…

Il est originaire de Bourgogne (Chassagne-Montrachet, Côte-d'Or) Il est né le 28 floréal an XII - soit au printemps 1804. Il est né dans une très grande misère.

Dans son enfance, il a très vraisemblablement connu la faim, ce qui l'aurait poussé à voler.

 Il  est condamné à un an de prison, à l'âge de 14 ans (en 1818), pour le vol d' un sac de céréales. En prison, il est mélangé à des adultes, ce qui a un impact très négatif sur lui. Il récidive quelques années plus tard : il vole les économies et  quelques hardes d'un valet de ferme, à quelques kilomètres au sud de Chassagne. Il est condamné à une peine de prison de 6 ans.

Il perd son nom et son prénom. Désormais, il est connu sous un simple numéro de matricule : 6404.

Au début de 1829, Claude Gueux retrouve son département de naissance. Mais, le 30 novembre, la cour d'assises de Dijon le condamne à huit ans de prison pour le vol d'une jument. Le 8 décembre, il subit le carcan, place de Morimond, à Dijon. Il est exposé dans la cangue à la réprobation publique.
Il est placé à Clairvaux le 2 mars 1830.

Il n'a accès, comme tous les autres prisonniers à l'époque, à la cour de promenade que deux fois par jour, après les repas, à 9h et à 14h.

50 à 70 prisonniers font leur promenade : ils se déplacent deux par deux, au rythme imposé par le surveillant, soit lentement soit rapidement.

Ils ne vont aux toilettes que deux fois par jour si le surveillant est d'accord.

Les prisonniers mangent peu et la ration quotidienne est divisée par deux : 10 g de légumes, 30 g de pommes de terre, 10 g de pain blanc et 1 g de graisse.

Le dimanche, les détenus ont droit à 60 g de riz supplémentaire.

5 fois par an, ils ont 75 g de viande bouillie.

Ils travaillent 13 heures par jour.

Claude Gueux est détesté par ses codétenus. Victor Hugo en donne une image idéalisée dans son œuvre.

Le 7 novembre,  alors que le Delacelle fait sa ronde dans l'atelier , Claude Gueux saisit une hache et lui assène trois coups sur le crâne avant de se poignarder.

Son état de santé s'améliore : Claude Gueux passe en jugement et subit une condamnation sans appel : la peine de mort.

A la barre, il aurait déclaré :" Je n'étais pas né pour l'infamie. On m'a tué à coups d'épingle… "

Claude Gueux est exécuté le 1er juin 1832, place du Marché-au-Bled, à Troyes.

Son crâne est actuellement conservé au musée des Beaux-Arts.

Victor Hugo fait partie des premiers hommes à avoir voulu abolir la peine de mort. Il pense qu'elle n'a aucun effet dissuasif sur les prisonniers.

·        Visite de l'atelier

Du XVIII° siècle à 1927, la prison est gérée par des industriels. Ceux-ci font travailler les détenus. Ils leur fournissent le travail et ils peuvent les utiliser autant qu'ils le voulent. En contrepartie, ils leur donnent les fournitures, la nourriture, les vêtements et un petit peu d'argent. Les industriels fournissent également le personnel pénitentiaire : 27 gardiens pour 3000 détenus…

L'industrie textile est particulièrement importante à l'époque, à Clairvaux.

·        Cellule de Claude Gueux

Elle ne fait que 30 m2. Au XIX° siècle, on parle de dortoir collectif.

La cellule accueille entre 30 et 35 détenus (voleurs, mendiants, assassins…). Les détenus n'ont qu'une paillasse pour deux.

 

·        Albin dans la vraie vie

Albin Félix Legrand est condamné à 7 ans de prison pour vol (un fusil et deux chiens de chasse). Beaucoup le décrivent comme anormal et dangereux. C'est la raison pour laquelle il ne travaille pas dans les ateliers. Il est auxiliaire : il balaye, il entretient les espaces verts… L'avantage d'être auxiliaire est d'avoir une double ration de nourriture. Il la donne à Claude Gueux en échange de faveurs sexuelles.

·        Les cellules individuelles

Le silence y est obligatoire jusqu'en 1860.

Les bâtiments ne sont jamais chauffés et il n'y a pas d'eau courante.

Les prisonniers n'ont de l'eau que dans une gourde. Un robinet se trouve sur le site.

Jusqu'en 2009, les détenus n'avaient droit à la douche que deux fois par semaine.

·        MD dans la vraie vie

Pierre-Etienne Delacelle est gardien chef à Clairvaux. En raison de son comportement exemplaire, il a eu une promotion.

Très souvent, il fait sauter les punitions de Claude Gueux. Il n'est pas aussi cruel que Victor Hugo l'entend.

C'est Mr Salaville, le directeur de la prison, qui va séparer Claude et Albin car il aurait eu vent de leurs relations sexuelles. Mr Delacelle va appliquer la décision de sa direction et Claude Gueux va le rendre responsable de ses malheurs.

·        Les punitions en prison :

 

-       Face contre le mur entre 12 heures et  24 heures

-       Salle disciplinaire : les détenus tournent autour d'un plot entre 12 heures et  24 heures

-       Le mitard : l'isolement dans des pièces noires et humides. Les « punis » n'ont droit qu'à un quignon de pain et de l'eau. Ils peuvent sortir une demi-heure par jour… Aujourd'hui, le mitard est remplacé par le quartier disciplinaire. On peut y rester de 15 à 30 jours.

-       La piscine : pièce hermétique remplie d'eau. Les détenus doivent trouver une manette pour évacuer l'eau, au risque de se noyer.

 

·        La chapelle

La pratique du culte catholique est obligatoire jusqu'en 1905. L'objectif est  le rachat des âmes des détenus.

 Une visite pédagogique qui aura, sans aucun doute, donné du sens aux apprentissages.

Contacts utiles :

Association Renaissance de l'Abbaye de Clairvaux

Hostellerie des Dames

10310 CLAIRVAUX

03 25 27 52 55

[email protected]


 


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