Monologue tragique
Octave 4ème4
Monologue inspiré de Corneille
Un élève, le chouchou de sa professeure de français (Mme. Rédac), écrit un feuilleton, mais ne trouve plus d'inspiration à cause de sa classe qui, menée par le second préféré jaloux, le déconcentre. Il donne donc sa plume à son meilleur ami pour qu'il le venge.
Ô rage ! Ô désespoir ! Ô rédaction maudite !
N'ai-je donc tant écrit que pour cette honte ?
Et ne suis-je bleui dans les travaux écrits
Que pour voir en une heure brûler tant de pages ?
Ma plume, qu'avec tant de respect toute la classe admire,
Ma plume, qui tant de fois a réjoui Mme. Rédac,
Trahis donc mon inspiration, et ne fais rien pour moi ?
Ô cruel souvenir de mon génie passé !
Œuvre de tant de mois en une heure effacée !
Nouvelle commande fatale à ma réputation !
Précipice élevé d'où tombe mon honneur !
Faut-il de votre haine voir triompher les jaloux,
Et mourir sans contre-attaque, ou vivre dans la honte ?
Usurpateur, sois de Mme. Rédac à présent le chouchou :
Ce haut rang n'admet point d'élèves sans inspiration ;
Et ton jaloux dépit, par cette humiliation insigne,
Malgré le choix de Mme. Rédac, m'en a su rendre indigne.
Et toi, de mes pages glorieux instrument,
Mais d'un cerveau de glace inutile ornement,
Plume, jadis si connue, et qui, dans cette offense,
M'as servi de parade, et non pas de défense,
Va, quitte désormais le dernier des cancres,
Passe pour me venger en de meilleures mains.
Octave, d'après Pierre Corneille