Un poème en prose, d'Adèle Brard également. La barre est haute cette année...
Par raymondqueneau - publié le dimanche 4 décembre 2016 à 15:57
Le chat sur la colline Il y avait beaucoup de chats au village. Il y en avait beaucoup, mais il y avait aussi LE chat. Le chat sur la colline. Il n'était à personne et personne n'en voulait. Il était banal. Gris, le poil terne, un museau tout rose... C'était le chat sur la colline. "Sur la colline" était sa particule, pareille à celle d'un noble telle que "Jean de la Roche-qui-Brille". Et bien lui, c'était "Sur la colline". Personne ne l'avait nommé ainsi mais c'était ainsi qu'il se nommait.
Le chat sur la colline. Le vieux matou passait ses journées à dormir sur une caisse. Une vieille caisse. Une caisse en bois. Il lui ressemblait beaucoup, à la caisse. Quand le soleil était au zénith, il se dirigeait paresseusement chez le poissonnier. Ce dernier lui jetait des têtes de sardines et le chat sur la colline repartait cahin caha. On ne dit pas le chat sur la colline comme on dirait le chat EST sur la colline. "Sur la colline" est la particularité du chat sur la colline, pas l'endroit où il se trouve. D'ailleurs, il n'y a pas de colline au village et le chat est sur sa caisse. On aurait tout aussi bien pu l'appeler le chat sur la caisse.
Quelques poèmes très originaux d'Adèle Brard, de 2d1 :
Par raymondqueneau - publié le dimanche 4 décembre 2016 à 07:45
La Ficelle
Si l'extravagant
moine,
l'emporte avec
L
A
F
I
C
E
L
L
E
ma décision est prise
La Terre est une
échelle.
Bout rimé : pour connaître la règle d'écriture de ces quatrains très pratiqués dans les salons sous l'ancien régime, visionnez cet extrait de l'excellent film Ridicule de Patrice Lecomte :
Année scolaire 2016 - 2017 réouverture du blog, arts poétiques de Raymond Queneau
Par raymondqueneau - publié le dimanche 13 novembre 2016 à 09:18
Quelques arts poétiques de notre Raymond Queneau pour commencer : l'art poétique est un texte écrit par un poète à de jeunes auteurs qui voudraient s'essayer à l'art difficile de la poésie. Le plus connu des anciens est celui de Nicolas Boileau au XVIIe siècle.
Raymond Queneau en a écrit plusieurs dans un ton humoristique ou plus sérieux :
« Pour un art poétique » Raymond Queneau
Prenez un mot prenez en deux faites les cuir' comme des ½ufs prenez un petit bout de sens puis un grand morceau d'innocence faites chauffer à petit feu au petit feu de la technique versez la sauce énigmatique saupoudrez de quelques étoiles poivrez et mettez les voiles Où voulez vous donc en venir ? A écrire Vraiment ? A écrire ?
Bien placés bien choisis
quelques mots font une poésie
les mots il suffit qu'on les aime
pour écrire un poème
on sait pas toujours ce qu'on dit
lorsque naît la poésie
faut ensuite rechercher le thème
pour intituler le poème
mais d'autres fois on pleure on rit
en écrivant la poésie
ça a toujours kékchose d'extrême
un poème
Raymond Queneau, « Pour un art poétique », L'Instant fatal (1948), Gallimard, édit.
La Chair Chaude des Mots[Extrait du recueil "Le Chien à la mandoline" - 1958 Raymond Queneau]
Prends ces mots dans tes mains et sens leurs pieds agiles Et sens leur coeur qui bat comme celui du chien Caresse donc leur poil pour qu'ils restent tranquilles Mets-les sur tes genoux pour qu'ils ne disent rien
Une niche de sons devenus inutiles Abrite des rongeurs l'ordre académicien Rustiques on les dit mais les mots sont fragiles Et leur mort bien souvent de trop s'essouffler vient
Alors on les dispose en de grands cimetières Que les esprits fripons nomment des dictionnaires Et les penseurs chagrins des alphadécédets
Mais à quoi bon pleurer sur des faits si primaires Si simples éloquents connus élémentaires Prends ces mots dans tes mains et vois comme ils sont faits
Par raymondqueneau - publié le dimanche 1 mai 2016 à 14:04
Un groupe d'élèves de seconde 5 à réalisé des poèmes suite à une visite du Musée des Beaux Arts de Rouen et du MUMA, au Havre. Parfois, c'est la ville qu'ils ont observée. Ces poèmes sont inspirés de Petits poèmes en prose de Charles Baudelaire (1869). Ils évoquent d'une façon personnelle et inspirée ces "images" vues en extérieur ou dans les musées
Par raymondqueneau - publié le vendredi 29 avril 2016 à 17:12
Je
viens de loin, d'un certain endroit,
Ou
les étoiles ne parlent pas,
Des
tombes décorées de croix,
Se
succèdent pas à pas,
Sous
terre des corps pourris,
ayant
une odeur de charogne,
Des
humains dépourvus de vie,
ne
pouvant finir ivrogne,
corps
vidés,
têtes
dépitées,
chair
décomposée,
ossements
empilés.
SALESSE Lily
L'aître Saint-Maclou L'histoire de ce lieu étrange et exceptionnel remonte à la Grande Peste noire de 1348. L'aître Saint-Maclou est un ancien cimetière charnier datant du XVIe siècle. Il constitue un des rares exemples d'ossuaire de ce type subsistant en Europe.
Par raymondqueneau - publié le vendredi 29 avril 2016 à 05:24
Marée noire
Les vagues les porteront, le vent les emportera
Les cadavres sont là, empilés sur une eau corbeau, là où vit Médusa.
Flots de sang et de mort, l'odeur empeste.
Des lambeaux de voiles virevoltent et s'envolent avec l'espoir.
Les hommes, chair sur os glacials.
Le vent les emportera, les vagues les porteront.
« Je repousserai le feu qui te donne espoir, aiderai les vagues à te renverser, accélérerai le niveau de la marée et détruirai ton morceau de noisetier. »
Par raymondqueneau - publié le mercredi 16 mars 2016 à 02:39
Le Concours de poésie aura lieu le mardi 26 avril, de 11h15 à 12h15 en salle polyvalente Les poèmes sélectionnés par le jury d'élèves seront lus en musique avant la remise des prix aux gagnants (Bons d'achat culture, livres)
Pour y assister, inscrivez-vous au CDI ---------------
Pour l'attribution des prix du concours de poésie 2016, trois catégories ont été créées :
Catégorie 1 : poèmes en langue espagnole (Ciudad del inferno - 13 poèmes) Catégorie 2 : poèmes sur la vie lycéenne et poèmes libres (N°56 à 73) Catégorie 3 : poèmes en ateliers de seconde (N°1 à 55) Des prix seront attribués pour chaque catégorie. Maintenant, bonne chance... aux poèmes!
Le jury est composé d'élèves impartiaux et déterminés dans leurs choix absolument subjectifs. Le jury est incorruptible.
A gagner : des lots, l'estime des connaisseurs et un chapeau-bas collectif
Ci-dessous, médaille pataphysique à l'effigie de Raymond Queneau. P.S. : ce n'est pas un lot à gagner -dommage? (objet vendu sur ebay...)
Par raymondqueneau - publié le samedi 12 mars 2016 à 14:37
Bal printanier
Sous les rayons de l'aube naissante S'éveillent les fleurs florissantes Qui, déployant leurs corolles nouvelles Émettent leurs parfums sempiternels.
Soudain, une douce symphonie résonna ; Annonçant la valse des camélias Qui, vêtus de leurs robes vermeilles S'élancent pour fêter leur réveil.
Le bal continua encore et toujours. Les lys se joignirent à leur tour. Embaumant ainsi le jardin royal D'une senteur impériale.
Une lueur bleutée fit alors son apparition ; Dévoilant peu à peu la reine des passions Dont, le corsage azuré Enchante la foule enivrée.
Dès lors, le maître de la nuit se montra. Enlaçant la reine de ses multiples bras. Ils entamèrent la dernière danse De cette soirée d'effervescence.
Tout à coup les violons s'arrêtèrent Marquant la fin de cette saison printanière Où les amoureux, pensant à la prochaine année Échangent leurs derniers baisers.
Par raymondqueneau - publié le samedi 12 mars 2016 à 14:35
Un vendredi treize
Un vendredi treize, une tragédie. A Paris ? Non ! C'est arrivé partout ! Ils ont essayé, n'ont pas réussi, Malgré tout, nous sommes unis et debouts.
Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, En une heure ont commis l'horrible tout. Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, Malgré tout, nous sommes unis et debout.
Un deuil national pour commémorer, ce souvenir, rendre hommage pour tous. Qu'il reviennent un peu pour réessayer ! Malgré tout, nous sommes unis et debout.
Quatre primaires
Le doux ruissèlement des courants, des îlots mariniers. Le doux bruit des vagues de la mer, elles qui se bercent seules. Le doux écoulement d'un flot, après tempête, calmé. Le doux son produit par l'eau, élément n'étant jamais seul.
Vent de mistral d'Éole, agréable, beau, sifflant et soufflant. Feuilles et branches qui par toi sont caressées bruissent calmement. Les arbres là-bas te ressentent quelque peu étrangement. La forêt respire et te remercie silencieusement.
Terre incandescente, allée cendrée, feu impitoyable, En un foyer, procurer du réconfort tu es capable. Une fois déchaînée l'on ne peut t'arrêter, te stopper ; Tu détruis tout alors, jusqu'à ce que tu sois apaisée
Grandes terres, célestes, centrales ou d'enfernité Volantes, en surface ou profondes vous nous émerveillez. Que vous soyez rochers, îlots perdus, continents ou monde, Gaïa pourra déchaîner sa colère de par ses ondes.
Mère Nature
Tu es le Soleil qui nous éclaire, Tu es la Lune d'une nuit parfois austère, Tu es le feu tantôt agréable, tantôt impitoyable, Tu es l'eau qui se berce seule avec une force incroyable, Tu es la terre, à la fois magnifique et nourricière, Tu es l'air que les vivants respirent, Tu es l'éclair qui foudroie le sol, plein de colère, Tu es la glace, qui par sa froideur nous inspire, Tu es la nature que j'admire, puissante et magnifique, Notre c½ur, notre âme, notre mère.
Par raymondqueneau - publié le samedi 12 mars 2016 à 14:31
D'amour en aiguille
L'amour avec un grand A Redonne toujours mille éclats de joie Celle qui t'est destinée Te sera toujours aimée
Ce que tu regardes c'est la vie Dans les étoiles qui te sourient Regardant l'amour dans ces yeux Qui te fait fondre et te rend heureux
Elle est l'unique soleil de tes nuits Celle-ci t'éclaire et se rarifit, Ce qui t'importe se sont ces étoiles Qui illuminent tes yeux quand tu la regardes
Celle qui viendra frapper à ta porte Te coupera de tout amour fou La mort est tout de même la plus forte Car elle viendra te prendre tout
L'amour es-tu là ? Le malheur arrivera Depuis ce jour manqué Ta mémoire et toi serez consternés
Tu l'attendras indéfiniment Tous les jours jusqu'au soleil levant Ta famille et toi serez tout de droit De juste savoir pourquoi ?
Quand la compréhension remplace la haine Le pardon s'installe et déverse sa peine Le manque d'amour et l'idée d'abandon N'est peut être qu'une simple illusion
La vérité est connue pour toujours La mort et le regret remplaceront ta joie jusqu'à y retrouver l'amour L'amour avec un grand A