La dissertation de didactique. Le théâtre
Le corpus proposé à l'étude est composé de quatre textes et d'un document iconographique : Britannicus de Racine, Le Fils naturel ou les épreuves de la vertu de Diderot, Thérèse Raquin de Zola, Pelléas et Mélisande de Maeterlinck et la photographie d'une scène Oh les beaux jours de Beckett.
La cohérence du corpus est double : d'une part, tous les documents appartiennent au genre théâtral, comme nous l'indiquent les mentions d'acte, de scène et de mise en scène. Rappelons de suite qu'une pièce de théâtre est une œuvre destinée à être jouée lors d'une représentation par des acteurs pour un public. Une pièce est généralement divisée en actes, eux-mêmes découpés en scènes. Un changement d'acte correspond à un changement de lieu, de moment, ou à une nouvelle étape dans l'histoire représentée. Un changement de scène correspond à l'entrée ou à la sortie d'un personnage. D'autre part, la cohérence est thématique. Tous les extraits traitent du thème de l'amour contrarié : Britannicus aime Junie mais celle-ci est mariée à Néron. Leur amour est donc impossible. L'extrait de Diderot nous présente un personnage tiraillé entre son amour et son devoir de partir.. Celui de Zola met en scène deux mariés qui ne peuvent vivre pleinement leur amour car ils sont tourmentés par leur conscience, et plus particulièrement, par le meurtre de Camille, le mari défunt de Thérèse.. Celui de Maeterlinck traite du motif du mari jaloux. Enfin, le document iconographique représente Willie et Winnie, deux mariés dans une situation absurde. La période traitée par ces extraits va du XVIIème siècle au XXème siècle. Le théâtre est donc un genre permanent et il peut traiter de mêmes thèmes sous des formes différentes : la tragédie, le drame ou la farce tragique.
Les documents entrent dans la perspective d'une séquence consacrée à l'objet d'étude « théâtre : texte et représentation » en classe de première. Les élèves disposent de solides connaissances en la matière : le théâtre est un genre étudié depuis le collège. Les connaissances des élèves ont été réactivées en seconde avec l'objet d'étude n°3 : le théâtre, comédie et tragédie. L'intérêt est de montrer que le texte de théâtre est particulier : après le temps de l'écriture (effectué par le dramaturge) vient le temps de la représentation : des acteurs vont incarner le rôle de personnages sur scène. Ils vont devenir autres pour satisfaire un public.
Le devoir cherchera à répondre à cette problématique : qu'est-ce que le théâtre ? Quelle est la spécificité du texte théâtral ?
Pour répondre à cette question, nous organiserons notre devoir en deux parties. Dans une première partie, nous fixerons le cadre de la séquence. Dans une deuxième partie, nous proposerons un projet de séquence.
Commençons par une première approche du genre.
Le théâtre consiste à représenter devant un public une action avec des personnages. Cet art est né dans la Grèce antique, où il se jouait avec des masques, et a été poursuivi par les Romains. Il a connu un grand succès en France au XVIIème siècle et c'est de cette époque-là surtout que date l'organisation habituelle des pièces de théâtre.
Comme l'a souligné Larthomas dans le Langage dramatique, la spécificité du texte de théâtre est d'être joué sur scène. Il se compose donc des paroles des personnages et des didascalies : ce sont les indications données par l'auteur sur l'organisation du texte (numéro de l'acte, de la scène, nom des personnages) et sur la mise en scène de la pièce (décor, déplacements, gestes des acteurs, ton…). Les personnages échangent des répliques au cours d'un dialogue. Leurs paroles constituent l'action. Au théâtre, dire, c'est faire.
Nous pouvons envisager de mettre en place cette séquence au 3ème trimestre car elle permet de travailler l'expression orale. Les élèves doivent réussir à dépasser leurs craintes, leurs appréhensions afin de jouer des pièces de théâtre. Ils doivent acquérir de l'aisance à s'exprimer. N'oublions pas qu'il est un enjeu de taille pour eux à la fin de l'année : le baccalauréat de français…
L'objet d'étude est : « théâtre : texte et représentation ». La perspective dominante est l'étude des genres et des registres. La perspective complémentaire est l'histoire littéraire et culturelle.
Les objectifs généraux de la séquence sont les suivants :
- définir la spécificité du texte théâtral
- lire et connaître des textes du XVIIème au XXème siècle et être capable de définir ce que sont une tragédie, un drame et une farce tragique.
- Comprendre les notions de représentation et de mise en scène
- Travailler le vocabulaire et revoir les principales définitions des mots clés du théâtre
La première séance est consacrée à l'étude de l'acte I, scène 1 de l'œuvre de Diderot qui s'intitule Le Fils naturel ou les épreuves de la vertu. Une heure est nécessaire afin de traiter les objectifs suivants : d'une part, cette séance doit permettre à l'élève de poser la thématique du groupement, à savoir le traitement du topo de l'amour au théâtre ; d'autre part, elle a pour visée de mettre en avant la spécifité du texte de théâtre : être représenté sur scène, par des acteurs, pour des spectateurs. La dominante retenue est la lecture .
La séance 2 prend pour support le texte de Zola : Thérèse Raquin. Elle dure une heure et elle est à dominante lecture. La problématique est la suivante : Dans quelle mesure ce dialogue entre Thérèse et Laurent permet-il de montrer que les personnages ne peuvent vivre sereinement leur amour car ils sont confrontés au poids du passé ?
La troisième séance s'appuie sur Pélléas et Mélisande de Maeterlinck. Il s'agit d'une séance d'étude de la langue. L'objectif est d'étudier les interrogations partielles et totales.
La quatrième séance prend pour support le document iconographique. Les objectifs sont de décrire l'image et de comprendre la notion de mise en scène.
La dernière séance est consacrée à l'évaluation finale. Il s'agit de rédiger un commentaire composé de Britannicus.
La première séance est consacrée à l'étude de l'acte I, scène 1 de l'œuvre de Diderot qui s'intitule Le Fils naturel ou les épreuves de la vertu. Une heure est nécessaire afin de traiter les objectifs suivants : d'une part, cette séance doit permettre à l'élève de poser la thématique du groupement, à savoir le traitement du topos de l'amour au théâtre ; d'autre part, elle a pour visée de mettre en avant la spécifité du texte de théâtre : être représenté sur scène, par des acteurs, pour des spectateurs. La dominante retenue est la lecture : l'élève de 1ère est amené à construire progressivement du sens et se doit d'être attentif aux indications données par le dramaturge et aux paroles prononcées par les personnages car ce sont elles qui mettent en place l'action. En outre, l'ouverture de la pièce est un moment important et pour le lecteur et pour le spectateur car elle a pour but d'exposer les informations indispensables à la compréhension de l'intrigue : qui sont les personnages ? Où sont-ils ? Que font-ils ? En quoi leur sujet de conversation annonce-t-il la suite de la pièce ?
Tout d'abord, l'extrait présente les deux premières scènes de l'acte I. D'emblée, l'élève est interpellé : ce texte appartient donc au genre théâtral. Rappelons qu'un élève de 1ère dispose de connaissances en ce domaine : le théâtre est étudié dans toutes les classe de collège et les connaissances sont réactivées en seconde, notamment avec l'objet d'étude : le théâtre, comédie et tragédie.
La démarche adoptée conduit le professeur à demander aux élèves de rassembler les différentes notions abordées par le passé afin de proposer une définition de ce qu'est le théâtre. Comme l'a dit Larthomas dans Le Langage dramatique, le texte, écrit par le dramaturge, est destiné à être représenté sur scène. C'est sa spécificité. La mention « scène première », reprise ensuite dans la didascalie « la scène » doit attirer l'attention de l'élève sur le fait que le théâtre est une représentation.
Il est primordial de mettre en avant que cette scène est avant tout une didascalie. Il paraît bienvenue de demander aux élèves d'en fournir une définition. C'est une indication scénique donnée par le dramaturge pour le metteur en scène et les comédiens. Elle se repère visuellement sur la page par le fait qu'elle est en italique. Bien sûr, ces phrases ne sont pas prononcées directement sur scène. Après le temps de l'écriture et de la lecture vient le temps de donner à voir une action.
Celle-ci se déroule dans un lieu précis. Le dramaturge pose donc un décor : « La scène a lieu dans un salon ». Divers objets embellissent l'ensemble de manière à ce que les spectateurs pensent qu'ils surprennent une scène de la vie : « un clavecin, des chaises, des tables de jeux, un trictrac ». Si le décor est important pour favoriser l'illusion référentielle, le jeu de l'acteur doit être aussi travaillé.
Un acteur incarne le rôle d'un personnage. Il doit faire vivre des émotions pour les faire partager aux spectateurs. L'acteur porte un masque : il quitte sa véritable identité pour devenir un autre. Ici, l'acteur fait vivre le personnage de « Dorval », qui est donc un être de fiction, inventé pour les besoins de la scène. Si la pièce s'ouvre avec lui, l'élève peut supposer qu'il s'agit d'un personnage important. Le dramaturge parle du personnage en utilisant le pronom personnel « il ». Il précise de suite ce qu'il attend de celui qui incarnera ce rôle : il évoque le costume et son apparence : « il est en habit de campagne » , « en cheveux négligés ». Sa posture est contrôlée : « il paraît agité », « il quitte bientôt cette situation ». Le personnage est en mouvement. Son attitude a pour but de montrer aux spectateurs qu'il est tourmenté, contrarié. Dorval est agité, il ne tient pas en place : « il n'y est pas plus tôt qu'il se relève », « il prend un livre qu'il ouvre au hasard, et qu'il referme presque sur le champ ». Son attitude doit être en adéquation avec les paroles prononcées sur scène, ce qui permet de renforcer l'illusion théâtrale : le spectateur est dans un monde feint, fictif, construit mais il doit croire que ce qui est représenté est vrai.
L'adjectif qualificatif « seul » montre qu'il s'agit d'un monologue. Le personnage est seul sur scène. Il parle tout seul mais il est entendu des spectateurs. Ses paroles permettent de faire connaissance avec lui. Le monologue permet de comprendre ce qui agite Dorval : il est amoureux (« J'aime ») mais il ne semble pas pouvoir vivre sa passion. C'est comme si elle était interdite : « J'ose me l'avouer, malheureux, et je reste ». Les paroles de Dorval sont courtes, ce qui renforce son agitation. Le temps semble compté : il faut faire vite.
Le dramaturge a donc une vision précise de la pièce qu'il a créée. Les didascalies sont, pour lui, un moyen de régir son texte, à distance. Ouvrir la pièce avec un monologue permet de faire connaissance avec un personnage principal de la pièce et les spectateurs sont plongés de suite dans une action dynamique.
La scène 2 correspond à l'entrée d'un nouveau personnage sur scène : Charles. Le dialogue permet au valet de faire parler son maître et donc de renseigner les spectateurs sur la cause de son mal.
L'on peut considérer Charles comme un double du spectateur : les questions qu'il pose sont les mêmes que celles que se posent les spectateurs : « Nous partons ? » « Cela se peut-il ? ». Elles soulignent son incompréhension. Il cherche à obtenir des réponses mais le maître ne semble pas enclin à la discussion. Les phrases de Dorval sont brèves et sèches : « A l'instant », « Il le faut ». Il est autoritaire et sa décision de partir semble arrêtée. Toutefois, les didascalies et donc l'attitude qu'il adopte sur scène montrent que ces actes ne correspondent pas à ce qu'il pense au plus profond de lui-même : « d'un air triste et accablé », « Dorval soupire ». Il est préoccupé et il semblerait que Charles connaisse le mal de son maître. Pour le mettre à nu, il agit progressivement, par la parole, dans le but de le toucher. La gradation « avoir été accueilli, chéri, prévenu » renseigne les spectateurs sur le fait que Dorval est apprécié du plus grand nombre. En outre, Charles essaie de le raisonner en citant les différentes personnes qui l'ont accueilli : « Clairville, Constance, Rosalie » ; il joue sur les sentiments de son maitre. Le prénom de « Rosalie » revient à cinq reprises : un effet d'insistance est ainsi créé par cette réplique. Il veut sans doute toucher un point sensible. Lorsqu'il associe ce prénom au mariage (« leur mariage », « autel »), il déclenche une réaction chez son maître : « brusquement », « en colère ». Dorval est piqué à vif. La seule échappatoire qui lui reste est la fuite : « qu'on se dépêche ».
Au théâtre, la parole est action. Si le monologue est un moyen de connaître les sentiments et les émotions personnels du personnage, le dialogue est un discours entre deux personnages qui vise progressivement à les caractériser.
La séance 2 prend pour support le texte de Zola : Thérèse Raquin. Elle dure une heure et elle est à dominante lecture. La problématique est la suivante : Dans quelle mesure ce dialogue entre Thérèse et Laurent permet-il de montrer que les personnages ne peuvent vivre sereinement leur amour car ils sont confrontés au poids du passé ?
Laurent et Thérèse, autrefois amants, mettent enfin leur amour à jour en se mariant. Au début de la scène 3, Laurent lui clame son amour en utilisant des apostrophes affectueuses : « Thérèse, mon cher amour », « pauvre ange ». Il lui est donc attaché. En outre, Laurent apparaît comme un personnage optimiste, prêt à vivre pleinement son amour avec celle qu'il aime : « La vie est à nous, cette chambre est à nous ». Sa relation semble quasi fusionnelle : « enfin nous voilà seuls, loin des autres ». Le jeu du mari contraste avec la réserve de la femme. Le participe présent, « le repoussant », est répété à deux reprises. Elle est dans une attitude de rejet et de refus : « elle retire ». Elle veut éviter tout contact physique avec son époux. La négation « ne…pas » est utilisée plusieurs fois : beaucoup de barrières semblent se dresser devant eux…
Laurent et Thérèse se présentent comme des personnages agités : « avec épouvante », « tu es plus pale que moi et ta langue balbutie ». Il leur est difficile de supporter le poids du passé. Laurent ne cesse d'opposer le passé (« Rappelle-toi », « jadis ») et le présent (« Maintenant »). Une tension existe entre ces deux moments distincts dans leur existence. En mettant en avant cette opposition, Laurent établit un portrait différent de sa femme : d'amante heureuse et sûre d'elle (« tu ne tremblais pas, tu riais, tu parlais haut »), elle est passée à l'état de femme mariée craintive et froide, incapable de répondre aux attentes de son mari quant « à cette nuit d'amour ».L'évidence semble la faire souffrir. Le temps lui devient insupportable. Elle semble vouloir l'exorciser en abordant un sujet de conversation banal, surtout pour des jeunes mariés : « Il a fait beaucoup de vent aujourd'hui ».
Mais malgré les efforts que font les personnages pour échapper à leurs véritables pensées, ils sont très vite rattrapés par leurs démons. Ils sont obsédés par un souvenir commun dont la scène s'est déroulée à « Vernon ». La réplique de Laurent fait sortir Thérèse de ses gonds. Elle utilise l'impératif (« Tais-toi » ) pour lui donner un ordre et couper court à ses propos. L'évocation de l'eau est un élément déclencheur. Le dialogue permet de lever le voile sur le passé. Thérèse associe « les souvenirs » à « la plus cruelle histoire » et évoque « un accident ». On sent ainsi qu'elle est en situation de souffrance. Peu à peu, la mort se dessine en filigrane dans le texte. L'enterrement auquel les mariés ont assisté permet à Thérèse d'aborder le vif du sujet . « Froide », « pieds glacés », « noire », « odeurs d'encens », « cierge », « enterrement » appartiennent au champ lexical de la mort. Thérèse est obnubilée par cette idée. Thérèse, à son tour, questionne et manifeste le désir de connaître la vérité : « Tu l'as vu à la morgue ? » Le pronom personnel C.O.D permet de préserver l'anonymat de celui qui est mentionné mais les spectateurs comprennent vite que Laurent et Thérèse le connaissent tous deux. Les mots « souffert, yeux ouverts, il était atroce, bleui et gonflé par l'eau » développe le sujet de l'accident et évoquent la noyade. Cet homme qui est mort est le mari de Thérèse… Les expressions « les yeux ouverts » et « il riait, le coin de la bouche tordue » fait penser à l'œil de Caïn. Les amants se sont séparés d'un mari gênant mais son souvenir les obsède. Ils sont poursuivis par leur conscience : « tout nous a ramené à lui », « il est au bout de toutes nos pensées ». Ils sont donc hantés par le mort et ne semblent pas pouvoir dépasser ce qui les ronge.
Le personnage de Thérèse est dans une phase de remords. Ainsi, son caractère prend toute son intensité tragique. Reste à savoir maintenant si les mariés réussiront à dépasser le passé et à vivre leur amour… Belle occasion d'encourager les élèves à lire l'œuvre de Zola.
La troisième séance s'appuie sur Pélléas et Mélisande de Maeterlinck. Il s'agit d'une séance d'étude de la langue. L'objectif est d'étudier les interrogations partielles et totales.
Tout d'abord, le paratexte apporte des informations importantes au lecteur : Golaud est un mari trompé par sa femme, Mélisande, et par son frère, Pelléas. Le motif du cocuage et de la jalousie est récurrent dans la littérature. Il a notamment été traité par Molière, par exemple dans Georges Dandin. D'ailleurs, différentes lectures cursives pourraient être proposées aux élèves sur ce sujet, ce qui permettrait de montrer la permanence du sujet à travers les siècles.
Golaud veut vérifier, par l'intermédiaire de son fils, si sa femme le trompe. Yniold et Golaud sont en position d'infériorité : « la fenêtre sous laquelle ils sont assis ». Cela leur permet d'observer sans être vus. Les impératifs, « restons encore dans l'ombre », « ne fais pas de bruit », « ne fais pas le moindre bruit », montrent que Golaud ne veut pas être surpris, il reste méfiant et prudent. Il veut connaître la vérité comme l'attestent les répétitions du verbe savoir : « on ne sait pas, on ne sait pas encore ».
Golaud se sert de la naïveté de son fils pour parvenir à ses fins . Le type de phrase utilisé par le père est interrogatif. Il joue ainsi le rôle de l'inquisiteur. Certaines interrogations sont totales : « Veux-tu voir petite mère ? ». Sont-ils prêts l'un de l'autre ? Sont-ils prêts du lit »). Elles lui permettent d'exercer un certain pouvoir sur son fils.
D'autres sont partielles : « Que font-ils ? ». Elles trahissent sa jalousie.
Le théâtre met en scène une parole. Il se doit d'être vivant. Le type et les formes des phrases sont donc variés. Le père exerce son pouvoir sur son enfant. Le questionnement lui permet de rechercher des réponses et de dresser un portrait de lui-même .
La quatrième séance prend pour support le document iconographique. Les objectifs sont de décrire l'image et de comprendre la notion de mise en scène.
La démarche proposée est la suivante : dans un premier temps, la photographie est soumise à la classe. Le professeur recueille les réactions.
Dans un deuxième temps, il est demandé aux élèves d'exploiter le paratexte pour marquer le lien entre cette photographie et les autres textes de la séquence. Cela permet aussi de donner une définition des mots clés du théâtre : actrice, rôle, personnage, dramaturge, metteur en scène.
Dans un troisième temps, l'image est décrite.C'est une photographie d'une pièce de théâtre de Beckett qui s'intitule Oh ! Les beaux jours ! Les personnages qui jouent la scène sont Winnie et Willie. Winnie est la femme. Elle est enterrée jusqu'à la taille est sa toilette est soignée. Sa tenue vestimentaire contraste avec la situation, ce qui crée un effet comique.
A sa gauche se trouve Willie, son mari. Il est à moitié dévêtu. Son apparence est négligée. Elle est complètement différente de celle de sa femme. Leur condition humaine est absurde.
C'est l'occasion ici de donner une définition du théâtre de l'absurde :
Celui qui voit la photographie peut se demander s'ils sont toujours unis par l'amour ou s'ils sont devenus complètement indifférents à l'autre. Comment faut-il comprendre le titre de l'œuvre de Beckett ? La vie est-elle appréciable ou bien, au contraire, complètement absurde ? Lorsqu'on se penche sur le théâtre de Beckett, la deuxième hypothèse est la plus probable. Il serait intéressant, à cet effet, de faire lire, aux élèves, d'une manière cursive, quelques extraits de En attendant Godot pour leur montrer que la vie sur terre, pour Beckett, n'a plus de sens. Elle est complètement vaine. Les personnages attendent que le temps passe car la vie est dénuée de sens. Les principaux thèmes traités par Beckett (l'amour, l'absurde…) sont ainsi mis en valeur.
Dans un dernier temps, il est demandé aux élèves de réfléchir sur la notion de mise en scène et d'en proposer une définition. Un travail complémentaire est attendu : faire des recherches sur Roger Blin. L'objectif est de rédiger une biographie afin de connaître ce metteur en scène célèbre.
Enfin, comme le recommandent les programmes, il serait judicieux de faire visionner la pièce aux élèves. Cela leur permet d'avoir un contact direct avec la notion même de représentation.
La séance suivante entend vérifier les acquis des élèves. Au préalable, un travail de recherches leur est demandé : d'une part, effectuer des recherches sur le dramaturge Racine ; d'autre part, élaborer une définition de la tragédie au XVIIème siècle. L'objectif est de les aider à se constituer des repères dans l'histoire littéraire et culturelle et d'aborder sereinement le texte de Racine.
La dernière séance est consacrée à l'évaluation finale. Il s'agit de rédiger un commentaire composé de Britannicus.
Quelques questions sont posées aux élèves afin d'orienter leurs lectures : qui sont les personnages en présence ? Quelle est la relation qui les unit ? Quel est le sujet du dialogue ? Quel est le registre utilisé ?
Britannicus est une pièce de théâtre majeure du XVIIème siècle. Les élèves de 1ère se doivent de la connaître. La doctrine classique trouve son expression la plus parfaite dans la tragédie racinienne.
La problématique retenue pour étudier l'extrait de l'acte II est : Dans quelle mesure les discours de Britannicus et de Junie s'opposent-ils ?
Il est attendu des élèves un devoir organisé et argumenté. Les axes de lecture attendus sont :
- le dialogue permet de dresser un portrait des personnages :Junie lutte avec dignité pour sauver Britannicus de la jalousie de Néron ; Britannicus est un personnage maladroit. Il ne sait pas qu'il est écouté par Néron et il risque de déclencher sa colère ; Néron est caché. Il assiste à la scène sans être vu de Britannicus. Il apparaît comme autoritaire, puissant et détesté de beaucoup (image négative). La double énonciation au théâtre.
- Longueur des répliques : Britannicus domine la parole. Pourquoi faire parler autant ce personnage éponyme ? Quels sont les types de phrases utilisés ? En quoi traduisent-ils ses sentiments et émotions ?
- Les thèmes de l'amour et du désespoir. Quelles sont les caractéristiques de la passion racinienne ?
- Intérêt de la scène.
- Les caractéristiques de la tragédie en vers (alexandrins, rimes plates…)
En guise de correction, le professeur proposera un commentaire composé rédigé intégralement. Une synthèse sera également rédigée autour des points suivants : le système dramatique de Racine et la technique dramatique.Des extraits de Phèdre seront proposés en lecture cursive afin d'approfondir le sujet de la passion.
En conclusion, cette séquence a permis de travailler sur un genre littéraire très ancien et d' en comprendre la spécificité. Au terme de la séquence, il paraît bienvenu de rédiger une synthèse sur les principales notions abordées et de réviser le lexique théâtral (dramaturge, comédiens, mise en scène, costumes, décors…). Il est important pour les élèves d'avoir un vocabulaire riche et varié. L'écrit et l'oral demandent beaucoup de précision dans les termes employés.
Quelques heures de cours peuvent être banalisées afin de permettre aux élèves de jouer eux-mêmes les extraits qu'ils auront découverts en lecture. Cela permettrait de leur montrer que le travail de répétition et de diction est exigeant. Etre acteur est un art qui se travaille.
La séquence suivante pourrait être consacrée à l'étude de Rhinocéros, de Ionesco. Cette pièce du XXème siècle permet de montrer que la frontière entre les genres est maintenant floue et que le monde, notamment au sortir des guerres mondiales, est devenu complètement fou, la vie n'a plus de sens. Ionesco exige une lecture fine de son texte. Les élèves ne peuvent se limiter au sens littéral. Il faut en déceler le sens caché et en comprendre toute la portée.