LE PLAISIR DU TEXTE

LA FEMME FAUCON

Par Elève - publié le jeudi 21 novembre 2013 à 03:38 dans Nouvelles fantastiques 4ème

  Il y a deux ans, j'allais à l'animalerie, ma principale occupation où je travaillais toute la semaine de l'aube au crépuscule. Comme chaque jour, je traversais la forêt des chênes. C'était le premier jour d'automne et la chasse était ouverte. Les arbres, sages gardiens des bois depuis des siècles, étaient majestueux sur leurs longs bustes ridés et tendaient leurs branches pour nous accueillir comme le ferait une mère pour nous bercer. Des milliers de champignons portaient leurs chapeaux gracieusement, qu'ils soient à pois ou rayés, clairs ou fluorescents attiraient les moucherons gourmands. Le vent balayait les feuilles craquantes qui répandaient des couleurs précieuses : l'or, l'argent, le bronze, l'émeraude et le rubis. Ce spectacle fascinant ressemblait à la palette garnie d'un peintre. Le ciel était très changeant : tantôt il était chaud et des rayons lumineux brillaient dans le sourire des cieux, tantôt il était glacial et hostile accompagné des pleurs et colères des nuages. On remarquait des traces de boues laissées par des hérissons ça et la dans la terre humide et les flaques d'eau reflétaient la parfaite limpidité de l'au-delà .Soudain, à la sortie du bois, je vis une femme,une femme sublime. Elle marchaient doucement, mais avait des mouvements furtifs pareil à un prédateur qui guette sa proie. Elle avait des yeux perçants qui vous glaçaient le sang, et ses iris dorés comme la braise vous griffaient le visage tel les serres d'un carnassier. Mais ce n'était qu'une impression. Sa chevelure brune et blonde, épaisse et lisse semblable au plumage d'un oiseau volait dans le vent. Ses fins doigts aux longs ongles nacrés fendaient l'air. Sa longue robe sombre éclipsait la clarté du ciel et ses épaules carrées troublaient la douceur de son visage. Son teint de neige contrastait avec la noirceur de ses habits. J'était parcouru de frissons, j'avais la tête paralysée, je ne pouvais plus parler. On aurait dit que le temps s'arrêtait rien qu'un instant quand je la contemplais. J'étais apeuré pas cette beauté presque irréelle mais elle me passionnait.

Toute la journée, je ne pensais qu'a elle, même un canari me rappelait son portrait miraculeux. Mais lorsque j'avais croisés les rétines pétillantes de cette femme, elles étaient beaucoup plus hypnotisantes que celles du petit oiseau en cage. Je nourrissais les lapins et les souriceaux puis m'arrêtai sur la plume d'un perroquet qui tombait délicatement dans la cage des rongeurs. Elle virevoltait tel les mèches de sa belle chevelure. Un chat noir miaulait et réclamait son lait à côté de moi  et je ne pus m'empêcher de me souvenir de sa robe où la nuit était aspirée. Mais pourquoi cette dame troublait-elle tant mon esprit? La nuit tombée,il faisait noir,mais noir au point que l'on pouvait à peine distinguer des maisons à plus de dix mètres. Je pénétrais dans la forêt endormie,j'entendais le ronflement sourd des chênes, le chant des grillons et la marches apeurée des biches à la venue des braconniers. Soudain, je LA vis. Oui, elle m'observait, elle m'attendait. Elle me fixait de ses yeux jaunes qui transperçaient la nuit. Quelle frayeur! Mon c½ur palpitait si fort que je crus qu'il éclatait ! Mais j'adorais ce regard… J'arrêtai le contact de ma voiture de peur qu'elle se fasse déchirer le c½ur par la balle meurtrière d'un chasseur sans pitié. J'étais affolé ! Mais un bruit effrayant, celui d'un tir, d'un fusil retentit. Je détournai brusquement la tête et je vis sa silhouette s'écrouler par terre et ses deux morceaux de soleil tombèrent au sol. J'accouru au plus vite, mes jambes bougeaient à une allure impressionnante mais à ma grande surprise, à mes pieds se trouvait un oiseau, un faucon aux pupilles étoilées où les femmes mouraient peu à peu. Il partait, la balle l'avait touché au plus profond de son c½ur et le sol écarlate était maculé de sang. Des centaines de gouttes vermillon souillaient une par une les plumes diaphanes qui enveloppaient sa tête. Le reste de son corps sombre aux tâches châtaines se ternissaient et ses griffes se desserraient. J'étais épris d'une terrible compassion. J'aurai voulu l'emporter chez moi et le soigner mais il était trop tard. Lorsqu'il lâcha son dernier soupir, il me regarda doucement et posa son bec mouillé de pourpre sur ma chaussure comme s'il voulait m'embrasser. Mais il ne cherchait qu'à respirer. Une lourde larme roula sur ma joue à ce moment là. Le lendemain, je ne revis pas la dame, peut être avait elle déménagé… Pourtant, lorsque je cirais ma chaussure pour dissimuler la tâche de sang laissée par l'oiseau mourant, deux étincelles rondes brillaient sur mon soulier, et je me souvins de ses yeux ambrés.

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Travaux d'écriture d'élèves du collège Lamartine à Paris.
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