LE PLAISIR DU TEXTE

Nouvelle par Oscar

Par Lamartine - publié le mercredi 25 novembre 2015 à 05:12 dans Nouvelles fantastiques 4ème
Le Chandelier

 Il y a une semaine, il m'est arrivé la chose la plus étrange que j'aie jamais vécue. C'était un lundi, en été, lors d'une période de grosse chaleur. Il était deux heures de l'après-midi environ et j'attendais des amis qui devaient venir prendre le thé à la maison. J'étais dans ma chambre, et je lisais une nouvelle fantastique de Guy de Maupassant intitulée '' Le Horla''. Il faisait très chaud, la fenêtre était fermée pour ne pas laisser rentrer la chaleur. Quand soudain, je sentis une présence à côté de moi. Je levai les yeux de mon livre, mais rien ne bougeait. Tout était normal : mon lit bien fait, l'horloge et la table de nuit au bon endroit avec le chandelier, un magnifique chandelier d'argent d'une valeur inestimable que m'a rapporté mon frère Hugues de Venise, éteint sur la table. Mais j'étais sûr, aussi sûr que du jour et de la nuit, que quelque chose ou quelqu'un était là, bien vivant, â côté de moi. Je me replongeai dans ma lecture. Je sentis alors, contre ma joue gauche, une chaleur, une chaleur comme si l'on me mettait une bougie allumée près de mon visage. Je regardai donc à ma gauche et je vis, je vis clairement, le chandelier éteint s'allumer tout seul, puis s'éteindre, puis se rallumer ! La sueur coulait de plus en plus sur mon front, un sentiment d'angoisse m'envahissait et je fus pris soudainement d'une peur indescriptible. Tout à coup, un bruit me fit sursauter et je crois que je fus au bord de l'infarctus. Je ne tardai pas à comprendre que c'était seulement mes amis qui sonnaient à la porte. Mais je n'osais plus bouger : mes jambes étaient paralysées par la peur. Mais il fallait que j'y aille. Ils sonnèrent une deuxième fois. Cette fois, je réussis à me lever. J'éteignis le chandelier en vitesse et allai ouvrir la porte. Quelques minutes plus tard, nous fûmes tous dans le salon, une tasse de thé à la main. Nous discutions de littérature quand j'en vins à parler de la nouvelle que je lisais. Sur ce, j'allai la chercher dans ma chambre, à l'autre extrémité de ma grande et luxueuse maison. À l'intérieur, il faisait noir : les volets étaient fermés. Mais j'y voyais quand même car le chandelier que j'avais éteint il y a maintenant vingt minutes était rallumé. Soudain, la porte se claqua derrière moi ! Je me retournai machinalement vers la porte. Et je vis, dans le reflet du miroir qui l'orne, le magnifique chandelier d'argent s'éteindre puis s'envoler dans les airs. Je me retournai de suite et je le vis tourner, vriller et voler joyeusement. Les cloches de la chapelle, à quelques rues de chez moi, se mirent à sonner. Le chandelier se tourna vers la fenêtre comme si on l'avait appelé et se dirigea vers elle. Soudain, les volets s'ouvrirent à la volée puis les carreaux de la fenêtre se brisèrent tout seuls. Le chandelier avançait doucement vers la fenêtre. Je le fixais, la sueur coulait de plus belle sur mon front, mes jambes tremblaient comme si elles étaient sur le point d'exploser. Et le chandelier sortit, se tourna vers moi, alluma ses bougies puis les éteignit. Je pris cette action comme un signe d'au revoir ou d'adieu. Et il partit vers la chapelle. Et j'entendis une voix m'appeler plusieurs fois... Et je me réveillai. Mes amis étaient là, avec moi. Je sentis quelque chose d'humide contre mon front : c'était un gant de toilette mouillé que l'on m'avait mis pour me réveiller. Je compris que toute cette histoire n'était qu'un rêve. Je me levai en disant que j'allais bien et que nous pouvions aller prendre le thé. Nous nous dirigeâmes vers la porte et avant de sortir, je jetai un coup d'oeil par la fenêtre et je vis, sur la croix de la chapelle, le chandelier d'argent qui me regardait puis me fit un signe avec ses bougies. Je ne pus m'empêcher de sourire.

Oscar Grebille

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Travaux d'écriture d'élèves du collège Lamartine à Paris.
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