LE PLAISIR DU TEXTE

Nouvelle par Simon

Par Lamartine - publié le mercredi 25 novembre 2015 à 05:34 dans Nouvelles fantastiques 4ème
Rédaction
 La nouvelle fantastique

 Tout commença le huit janvier 1749, un jour insipide, pluvieux ; de la boue mêlée de crasse s'était formée au sol, le soleil était caché sous un monceau de nuages noirs lâchant des torrents de pluies. Je revenais alors de chez un ami à Toulouse, auprès duquel j'avais fêté le nouvel an. Je me dépêchai de rentrer chez moi, sous la pluie et le vent battant. Je me souviens particulièrement de ce jour car quelle ne fut pas ma surprise lorsque, une fois rentré chez moi, de trouver un dépêche m'annonçant la mort d'un lointain cousin d'Amérique, dont j'ignorais l'existence, et dont j'avais hérité une petite fortune (20000 ducats). Elle me priait de me déplacer pour toucher ledit héritage. Ma position à Paris étant précaire (je louais à un ami sous sous sol, le temps de finir mes études) et bien qu'étonné de l'existence de ce cousin, je me réjouissais de cette rentrée d'argent. Mais pourquoi me léguait-il toute sa fortune ? J'étais pourtant un inconnu pour lui, comme lui pour moi... Je faisais donc immédiatement appel à un appareilleur (il me restait ici et là quelques économies) et me préparais au voyage. Pendant ce temps, je songeais à tout ce que je pouvais faire avec 20000 ducats ; le sang me montait à la tête, l'ivresse de l'argent me faisait devenir dédaigneux et arrogant ; en effet, et je n'ai pas honte de l'avouer, je suis de nature très orgueilleuse et cette richesse inattendue accentua tout d'un coup ce défaut qui était mien. Je ne suis pas un homme superstitieux, je n'ai jamais cru aux contes que l'on me racontait enfant, néanmoins les événements suivants ébranlèrent fortement ma conscience...L'appareilleur que j'avais payé, un homme robuste avec vingt ans de métier dèrrière lui, se brisa la jambe et quelques côtes en se faisant écraser pas un baril de rhume mal attaché. De plus, le même jour, environ une heure après avoir appris la nouvelle, un homme au teint basané, inconnu de moi jusqu'alors, et ayant appris mon infortune, me proposa pour une somme insignifiante un magnifique voilier déjà appareillé. Néanmoins, il me prévint qu'une malédiction planait sur ce navire depuis qu'un jeune couple, parti faire leur lune de miel à bord de ce bateau, fut retrouvé mort sur un récif de corail. La jeune mariée, griévement blessée, n'était pas encore morte lorsqu'on l'avait découverte ; elle avait réussi à murmurer quelques mots, mais personne n'était parvenu à les comprendre ; elle était morte quelques instants plus tard. Il me dit alors un détail qui ne m'avait point troublé alors mais qui, maintenant, me donne la chair de poule : le voilier avait été retrouvé intact juste à côté des corps sans vie... Je vous l'ai dit, je ne suis point de tempérament superstitieux, je ne crois pas à ces sornettes, aussi je sautai immédiatement sur l'occasion et, sans hésiter, j'acceptai. Je traînai sur le port et trouvai trois marins, à qui ce bateau ne faisait pas peur, qui acceptèrent d'embarquer avec moi. Ah ! Si seulement je n'avais pas accepté cette offre ! Si seulement je m'étais contenté de ce que j'avais et avais fait fi de cet héritage de malheur ! Je ne fis malheureusement aucun de ces choix là et , le navire étant prêt à prendre la mer, nous embarquâmes moi et mes trois compagnons le dix janvier au soir. La première nuit fut le théatre d'un phénomène étrange, inexplicable. Ma couchette étant située juste au dessous du pont, je fus réveillé au millieu de la nuit (je ne sus jamais l'heure, l'horloge de ma cabine étant arrêtée à minuit pile, comme par magie) par des bruits de pas précipités, sûrement deux personnes se poursuivant. Je remarquai, je ne sais si ce ne fut une hallucination, étant à moitié endormi, que la deuxième série de pas était plus légère, effacée, mais de la même vitesse. Qui pouvait-ce être ? Les seules personnes présentes à bord mesuraient une tête de plus que moi, et pesaient au moins le double de mon poids. Mais, soudain, je fus interrompu dans mes reflexions par un gémissement d'agonie, suivi d'un rire aigu, hystérique, un rire de femme. Ah ! Je n'oublierai jamais ce rire horrible, atroce, qui me transperça l'âme comme un couteau dans une plaie ! J'entendis alors le bruit d'un objet qui tombe à la mer. Je frissonnai, mais mes tempes était brûlantes. Qui pouvait-ce être ? Qui avait crié, qui était tombé à l'eau ? Mais n'était-ce tout simplement pas les hallucinations d'un homme n'ayant jamais pris la mer ?Je me réfugiai dans un sommeil lourd, sans rêve. Le lendemain, le plus robuste des trois marins que j'avais engagés avait disparu. Nous le cherchâmes toutes la journée, fouillant le bateau de la proue à la poupe, sans trouver aucune trace. Son lit n'était pas défait, il s'était volatilisé. Les deux marins commencèrent à croire cette malédiction, mais je les suppliai de ne pas faire demi-tour, réussissant finalement à les convaincre en leur offrant une prime supplémentaire à l'arrivée. Puis vint la nuit. Je ne réussis pas à dormir, hanté par des fantômes et des spectres que j'avais auparavant décidé d'ignorer. Puis, juste au dessus de moi, trois coups sourds retentirent, identiques les uns aux autres. Les ignorant, je réessayai de m'endormir, mais en vain. Trois coups retentirent encore, comme des coups de bâtons sur le pont. Je me résolus enfin à aller voir, surmontant ma peur naissante, et sortis sur le pont. Ce que je vis alors ne peut être décrit ; une femme, jeune de trente ans tout au plus, apparut devant moi. Son visage était celui d'une morte, sa bouche était déformée par un rictus de haine, ses beaux cheveux blonds étaient maintenus attachés derrière sa tête, et le plus terrifiant était qu'elle était translucide ! Je voyais à travers elle comme si elle n'existait pas, et que tout cela était le fruit de mon imagination, mais elle était bien là, cambrée devant moi, me menaçant d'un trident comparable à celui du dieu de la mer dans de vieilles légendes oubliées de tous. Je ne pus m'empêcher de songer à la malédiction, et à la jeune femmes que l'on avait retrouvée près du navire. Fou de terreur, j'essayai de crier, mais ma gorge était sèche. Je me mis alors à courir, à courir comme un fou, comme une proie essayant d'échapper à la mort. Malgré cela, j'entendais ses pas, se rapprochant sans cesse. J'entendais mon c½ur battre la chamade. Mon front bouillonnait. J'étais au bord de l'évanouissement. Puis, les bruits de pas ralentirent pendant une fraction de seconde, le temps qu'il me fallut pour reprendre mes esprits et me diriger vers un canot de sauvetage. Je ne sais comment je réussis à lui échapper, mais le fait est que je me retrouvais à bord du canot de sauvetage, seul au milieu de l'Océan, m'éloignant de plus en plus du navire maudit. Heureusement, je fus recueilli par un navire marchand à destination d'un comptoir en Amérique. Arrivé là bas, je découvris qu'il n'existait aucun cousin à moi, riche, et encore moins mort. Envolés, les rêves de richesse et de puissance ! Toute cette histoire était-elle une hallucination ? Suis-je devenu fou ? J'appris plus tard qu'un navire semblable au mien avait été retrouvé au large, échoué sur un banc de sable. Depuis ce jour, je ne parviens pas à fermer les yeux, tant la culpabilité me ronge, car c'est à cause de moi que trois hommes ont sûrement perdu la vie. J'étais persuadé que cette histoire n'était que le fruit de mon imagination, mais encore maintenant je doute et demande votre aide.

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Travaux d'écriture d'élèves du collège Lamartine à Paris.
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