LE PLAISIR DU TEXTE

Nouvelle fantastique novembre 2015 - Louis Damien Kapfer. 4eme 4

Par Lamartine - publié le dimanche 13 décembre 2015 à 07:11 dans Nouvelles fantastiques 4ème

 

Il était neuf heures, en ce matin de novembre 1992 au commissariat central de Paris. L'inspecteur Gralon venait d'arriver dans son bureau. Il s'assit derrière celui-ci, une tasse de café à la main.

 

Suzanne, son adjointe, entra et lui dit:

 

« -Bonjour inspecteur ! La victime de la séquestration est morte d'un arrêt cardiaque ce matin. Elle a écrit une lettre cette nuit, la voici.

 

-Vous l'avez lu?

 

-Non, on vous laisse la découvrir .

 

-Merci bien »  répondit l'inspecteur .

 

Suzanne sortit du bureau. Gralon fut étonné de cette mort car les médecins disaient que l'état de la victime s'était amélioré depuis son arrivé aux urgence .

 

Cette affaire sentait le souffre. Il ouvrit la lettre et lut ceci .

 

« Bonjour, je vous écris cette lettre car je dois vous prévenir avant qu'il ne soit trop tard. Vous êtes tous en grand danger .

Je m'appelle Léo Valquèz. J'ai vingt huit ans. Je faisais une randonnée dans la forêt de Fontainebleau avec mes amis : Victor Caltré, Nathan Faltrain, Elisabeth Camar et Thomas Talane. Nous étions le 13 novembre 1982. La nuit ainsi que la température tombèrent. Nous devions trouver un abri au plus vite.

 

C'est à ce moment-là que, comme par magie, un manoir apparut. Malgré sa mine austère, sa porte en acajou imposante et la multitude de ronces entremêlées un peu partout, il nous paraissait plus rassurant que cette forêt noire, à la merci du vent et de la pluie . Nous décidâmes d'y dormir. Nous entrâmes dans ce qui devait être à l'origine le hall. Tout semblait à l'abandon. Mais pourtant la lumière fonctionnait. Les meubles étaient recouverts d'une épaisse poussière mais le sol était immaculé. Nous nous installâmes pour la nuit dans le salon central. Au matin, nous essayâmes de sortir, mais les portes étaient bloquées. Songeant que l'humidité avait gonflé le bois, nous essayâmes de les forcer, mais plus nos coups étaient importants, plus la pièce semblait se rétrécir.

 

Soudain la pièce fut plongée dans le noir, et lorsque nous pûmes rallumer la lumière, Nathan avait disparu. La porte était ouverte. Prudemment, nous suivîmes le couloir ainsi dégagé. Nous arrivâmes dans une pièce jusque là inconnue, de la taille d'une nef d'église, cerclée de colonnes. L'humidité qui régnait nous glaçait le sang. Mais notre cauchemar ne faisait que commencer. Élisabeth découvrit, suspendu dans les airs, le corps de notre ami, sans vie. Nous restâmes là. Incapables de bouger durant plusieurs minutes. Puis, Thomas avança. Nous tous sur ses talons . Trop effrayés pour s'éloigner les uns des autres. De loin, nous croyions qu'il pendait mais maintenant on avait la certitude qu'il flottait.

 

Il lui manquait les membre inférieurs. Celui qui l'avait enlevé puis tué lui avait fait subir d'autre châtiments que je ne vous dirais pas, faute de courage. Nous l'avions encerclé. Il flottait et tournait doucement sur lui même, dans une espèce de bulle que l'on distinguait légèrement. Soudain, la bulle se brisa, laissant choir notre ami. Pris de panique, nous nous précipitâmes vers la porte. Celle-ci se refermait lentement. Nous courûmes encore plus vite. J'arrivai à la porte. Je tentai de la retenir mais c'était peine perdue, un mécanisme était en marche. Thomas puis Élisabeth réussirent à passer mais Victor resta prisonnier. Il tapa deux fois sur le lourd battant puis plus rien. Interloqués, nous attendîmes quelques minutes. Il régnait un silence de mort

.

 -Victor ? ...es-tu là?..., demanda timidement Élisabeth.

Elle eut pour seule réponse une voie sépulcrale disant

-Victor n'est plus ! 

 

Nous fûmes saisis d'épouvante, et décidâmes de fuir au plus vite. Mais aucune issue ne s'offrait à nous. Notre désespoir grandissait. Nous nous cachâmes dans une armoire du couloir. Les heures passèrent, ainsi prostrés, sans solution. Le sommeil finit par nous gagner. Lorsque nous reprîmes connaissance, nous cherchâmes une sortie durant toute la journée, sans résultat. Nous étions sur nos gardes mais nous ne fûmes pas attaqués. Nous reprîmes nos recherches. Après deux ou trois heures, j'entendis des bruits de pas.

 

Apparemment, je n'étais pas le seul car je pus lire dans les yeux de mes camarades la même horreur. À l'arête d'un mur, JE LE VIS ! Il était grand, avait une tête allongée sans peau. Il était effrayant avec ses traits creusés. Ses bras étaient touts petits. Terrorisé, je criais à mes amis de me suivre et prenais le devant sur eux. Au détour d'un couloir, Thomas hurla. Je me retournai, il avait le pied pris dans un piège à renard. Il était trop tard pour l'aider,   le monstre était sur lui. Nous continuâmes notre fuite. Par miracle, une fenêtre était ouverte et je saisis ma chance. Malheureusement, Élisabeth n'eut pas le temps de me suivre, la fenêtre claqua derrière moi.

Je perdis connaisance, et me réveillai dans cette chambre.

 

Cette nuit, je sens sa présence. Il est là. J'entends sa voix! Nous sommes tous DAMNES!!! »

 

      Là, s'achevait la lettre. Le commissaire ne comprenait plus rien. Ils avaient bien trouvé le corps de Léo dans la forêt. Mais aucun manoir et aucune disparition n'avait été signalée! Et comment ce quadragénaire pouvait n'avoir que vingt huit ans? Il ne pouvait avoir disparu depuis dix ans !…. Cette sombre affaire le poursuivrait longtemps .


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Travaux d'écriture d'élèves du collège Lamartine à Paris.
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