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[386] - Comment lire La Fontaine ?

Il s’agissait de trouver des sources d’information pour mieux connaître les Fables de La Fontaine, et des pistes pour interroger les élèves l’oral du baccalauréat sur ces textes bien connus mais souvent moins simples qu’il n’y paraît...
Synthèse mise en ligne par Valentine Dussert.

 

Lectures et sites internet

- BENICHOU P., Morales du grand siècle.
- Consulter avant tout le site de La Fontaine. Il y est possible de s’abonner (gratuitement) à « la fable du jour » : le responsable du site poste chaque jour une fable accompagnée d’une introduction très intéressante et de notes de vocabulaire.
- Sur le site de l’académie de Rouen, un travail de Danièle Girard sur les livres VII à XII en 1re L.
- Une étude des livres VII à XI qui étaient au programme des prépa.
- Une explication de « La Cigale et la fourmi » sur le site de Pierre Perrin.

Pistes d’étude sur l’ensemble du recueil

- L’animalisation / l’anthropomorphisme (comment La Fontaine déguise-t-il ses hommes en animaux, et ses animaux en homme...).
- Les allusions multiples aux personnages contemporains, et en particulier au roi.
- Les théories répondant aux préoccupations de l’époque (textes sur l’âme des bêtes par exemple, en rapport avec les théories de Gassendi) ; de nombreux voyageurs fréquentaient les salons et apportaient des idées qui ne laissaient pas La Fontaine indifférent.
- La métrique (et notamment les « enjambements strophiques » par lesquels La Fontaine lie ensemble les parties de chaque fable).

Questions d’oral et problématiques possibles sur la plupart des fables

- Le rapport entre récit et morale.
- L’art du récit.
- L’argumentation (par exemple dans « Les Animaux malades de la peste »).
- La satire sociale.
- Le comique et son efficacité.
- La théâtralité.
- En quoi ce texte est-il un apologue ?
- Quelle est la fonction du récit ? (il s’agit pour le candidat de voir tout d’abord que le récit est destiné à capter l’attention du lecteur - récit bref, situation initiale, péripéties, situation finale, mètre varié et discours au style direct pour donner de la vivacité au récit, personnages antithétiques, entrée in medias res... - puis que le récit se double d’une fonction didactique - il apporte un enseignement pratique, moral, politique...).
- Toute question sur la persuasion, l’argumentation devrait convenir (En quoi ce texte relève-t-il de la persuasion ? Peut-on parler d’argumentation à propos de cette fable ?...).
- Il est possible également d’interroger sur les différents registres mis en oeuvre dans les fables : burlesque, satirique, dramatique...
- On peut enfin interroger sur le titre de la fable s’il s’y prête.

A propos de quelques fables

- Sur « La laitière et le pot au lait » : le portrait de la laitière ; la présence du fabuliste ; le procès de l’imagination ; la construction / l’anéantissement du rêve.
- Sur « Les deux coqs » : identifier les caractéristiques propres aux fables ; étudier la fonction des animaux dans le texte ; en quoi cet apologue est-il une comparaison étendue à la dimension d’un récit ?
- Sur « Les Animaux malades de la peste » : montrer que cette fable est pessimiste ; quelles sont les cibles de la critique de La Fontaine ? ; quel est l’intérêt du dialogue dans l’argumentation ?

Remarque complémentaire

- Petites merveilles de style, les fables peuvent se comprendre à des niveaux différents. Il faut être attentif aux multiples sens. Une double lecture est souvent nécessaire. Une « simple » fable comme « Les animaux malades de la peste » semble contenir en germe « la violence et le sacré » de Girard mais elle parle aussi de la cour, du pouvoir et de la justice. Jeu du second degré : la justice de cour est jugée ! la morale de la fable dénonce la morale mondaine. Donc pas d’arcanes mais des cartes qui sont souvent réversibles. Chacun des livres de La Fontaine est précédé d’un discours contenant une réflexion sur les fables où l’auteur défend ce qui avait toujours été considéré comme un genre mineur, sinon méprisable. Ce faisant, il en propose une conception originale, masquée, le plus souvent, sous une plate banalité, qui, évidemment, n’est destinée qu’à donner le change. C’est donc dans cette optique qu’il convient de se lancer dans l’étude des Fables. Pour ne citer que quelques fables du livre VII, on peut ainsi aborder « La Laitière et le pot au lait » comme une réplique au fameux fragment de Pascal sur « L’Imagination » et montrer comment l’auteur réfute cette « Pensée » en surenchérissant pour mieux faire apparaître la faiblesse d’une argumentation qui, si juste soit-elle dans l’instant, ne se soucie pas de sa validité dans le temps ! En effet, si grands que soient les pouvoirs de l’imagination (et La Fontaine les conteste moins que quiconque) il faut bien qu’à la fin la réalité reprenne ses droits et la raison sa revanche ! On pourra procéder de même avec « Le Rat qui s’est retiré du monde » et qui peut, lui aussi, être présenté comme une réplique au long fragment sur le « Divertissement ». Cette façon de faire dialoguer les textes d’une œuvre à l’autre permet de donner une certaine profondeur, ou simplement de l’intérêt, à la lecture de textes qui risquent de rebuter nos élèves parce qu’ils leur semblent trop arides ou trop rebattus. Quant aux « Animaux malades de la peste », ils sont, en réalité, une diatribe contre la Providence, à partir de l’existence du mal et de l’inefficacité, voire de l’abomination, des remèdes que prétend y apporter la religion ; le tout, déguisé en une satire contre le fonctionnement de la justice pour se mettre à l’abri des rigueurs de la censure.


Ce document constitue une synthèse d’échanges ayant eu lieu sur Profs-L (liste de discussion des professeurs de lettres de lycée) ou en privé, suite à une demande initiale postée sur cette même liste. Cette compilation a été réalisée par la personne dont le nom figure dans ce document. Fourni à titre d’information seulement et pour l’usage personnel du visiteur, ce texte est protégé par la législation en vigueur en matière de droits d’auteur. Toute rediffusion à des fins commerciales ou non est interdite sans autorisation.




Eric Schwald

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